HORS-SERIE : LE CAPITAL SOLEIL

01. Le soleil, un allié à redouter

Avez-vous remarqué que votre humeur varie selon la météo ?... Le soleil, c'est prouvé, nous procure à  tous un réel sentiment de bien-être et fait grimper le baromètre de notre moral au beau fixe. En fait, la lumière visible stimule la glande pinéale du cerveau, productrice des "tryptamines", molécules chimiques qui améliorent notre humeur. Par ailleurs, et uniquement prescrits sous ordonnance médicale, les UV permettent de soigner certaines maladies de peau (comme le psoriasis) : c'est ce qu'on appelle l'UV thérapie.

Mais surtout, les UVB émis par le soleil permettent la synthèse de la vitamine D, qui régule le calcium, molécule essentielle dans notre architecture osseuse. Ainsi la vitamine D, dite "molécule du soleil", aide à  lutter contre lerachitisme des enfants et l'ostéoporose des personnes à¢gées. Le soleil nous est donc vital.

Il semble enfin que la vitamine D soit capable de combattre le développement et la propagation des tumeurs cancéreuses.

Mais... gare aux ultraviolets !

Car nombreux sont leurs effets néfastes sur notre organisme.

- Risques cutanés
Certains effets du soleil sur la peau se montrent immédiats. Le coup de soleil ou "érythème actinique", premier d'entre eux, apparaît après une exposition excessive. Il peut surgir dans les heures qui suivent l'exposition et disparaître dans les 48 heures suivantes. Le coup de soleil est provoqué à  80 % par les UVB et à  20 % par les UVA. Si en surface, il se caractérise par un érythème, en profondeur, une réaction inflammatoire se produit. Certaines cellules, dites cellules "coup de soleil", dont l'ADN est abîmé sous l'effet des UV, sont incapables de "se réparer" et se laissent mourir pour éviter de devenir cancéreuses. Cette mort programmée des cellules, ou apoptose, s'accompagne d'une libération par la peau de médiateurs chimiques qui contribuent aux manifestations inflammatoires du coup de soleil.
Mais certains effets, comme le photovieillissement, les désordres pigmentaires ou les cancers de la peau, apparaissent parfois des mois, voire des années après une exposition. Ils dépendent majoritairement de la quantité d'UV reà§ue depuis la naissance.

- Risques oculaires
Les UV pénètrent facilement à  l'intérieur de l'oeil et engendrent insidieusement des lésions parfois irrémédiables, comme la cataracte qui mène à  la cécité. L'OMS estime que 3 à  4 millions de personnes dans le monde sont devenus aveugles suite à  une cataracte résultant d'une exposition UV. Autre manifestation oculaire imputable aux UV : la photokératite, équivalent du coup de soleil pour l'oeil.

Comment repérer la photokératite ?

Elle se caractérise par une rougeur, une vive sensation de douleur, un larmoiement, des spasmes des paupières et une phobie de la lumière.

LE SAVIEZ VOUS ?

Un quart d'heure d'exposition par jour sur une petite surface, la main par exemple, suffit à  initier la synthèse de la vitamine D nécessaire à  l'organisme.

02. Rayons et peau : Même longueur d'ondes ?

Au commencement étaient les rayons...Composés de petites particules appelées "photons", les rayons du soleil nous apportent chaleur et lumière. Ils atteignent la Terre selon différentes longueurs d'onde.

Absorbés par les hautes couches de l'atmosphère, les rayons de très grande longueur d'onde (ondes radio, micro-ondes) et les rayons de petite longueur d'onde (rayons X, rayons gamma) n'arrivent pas jusqu'à  la surface de la Terre.

En revanche, d'autres radiations y parviennent : 50 % d'infrarouges, 40 % du rayonnement visible et 10 % d'ultraviolets.

Les infrarouges : invisibles, ils émettent de la chaleur. Absorbée par le CO2, celle-ci garantit le maintien de la température terrestre. Symbole : IR, longueur d'onde (S) : 800 à  2500 nm.

Le rayonnement visible : ces rayons permettent la photosynthèse des plantes, et grâce à  eux, nous distinguons reliefs et couleurs. S : de 400 à  800 nm.

Les ultraviolets : invisibles... mais méfiez-vous de ces rayons qui peuvent causer divers dommages à  votre organisme ! Symbole : UV, S : de 100 à  400 nm. Parmi ces ultraviolets, on distingue :

les UVA : représentant 95 % des UV qui parviennent à  la surface de la Terre, ils traversent nuages et vitres. S : 320 à  360 nm pour les UVA courts et 360 à  400 nm pour les UVA longs.
les UVB : constituent 5% des UV qui atteignent la surface terrestre. Les nuages les arrêtent partiellement, les vitres les bloquent. S : 280 à  320 nm.
les UVC : ce sont les plus agressifs, heureusement, la couche d'ozone les absorbent complètement. Ils ne parviennent donc pas jusqu'à  nous. S : 100 à  280 nm.

Une fois au contact de la peau que se passe t- il ?
Certains composants de la couche cornée sont capables de transformer l'énergie solaire. Ainsi, au moment o๠ils arrivent à  la surface de la peau, les rayons subissent :
- une réflexion (ils sont renvoyés)
- une diffusion (ils changent de direction)
- une absorption (ils sont captés par la peau)
- ou une transmission (seule une fraction des rayons se propage dans les tissus cutanés).

LE SAVIEZ VOUS ?

Un quart d'heure d'exposition par jour sur une petite surface, la main par exemple, suffit à  initier la synthèse de la vitamine D nécessaire à  l'organisme.

 
03. UVA et UVB : Même combat ?

Peu absorbés par l'épiderme, contrairement aux UVB, les UVA atteignent une partie plus profonde de la peau, le derme. Ils ne dégradent pas directement les cellules mais agissent par l'intermédiaire des "radicaux libres", qui s'attaquent aux lipides, aux protéines et à  l'ADN.

Par ailleurs, les UVA favorisent la destruction du réseau protéique dermique (collagène, élastine) et entraînentperte d'élasticité de la peau et photovieillissement (lequel se traduit par des rides, des troubles de la pigmentation et la dilatation des capillaires sanguins).

La peau face à l'offensive des UV

Contre les dégâts des UV, les cellules déploient des systèmes de défense : réparation des mutations de l'ADN, neutralisation des radicaux libres... Une défense qui s'avère parfois insuffisante, surtout en cas d'exposition prolongée ou excessive au soleil.

En savoir plus
SPF, IP, PPD : faites le point !

Comment les experts calculent l'indice de protection contre les UVB (SPF/IP)
La mesure du SPF (Sun Protection Factor) ou IP (Indice de protection) est déterminée selon la méthode définie par le Colipa (organisme qui édite les règles de la cosmétologie) au niveau européen*. Cette méthode repose sur la détermination in vivo des doses érythémales minimales provoquées par les radiations UV (UVA et UVB) sur peau protégée et non protégée, huit heures après application. Le rapport de ces deux doses correspond au SPF.
* méthode publiée en 1994 et méthode internationale publiée en 2003 conjointement par Colipa/JCIA/CTFA SA en cours d'application.

Comment les experts calculent le facteur de protection contre les UVA (PPD/UVA)
En Europe, aucune méthode officiellement reconnue ne permet d'évaluer la protection contre les UVA. Sous l'effet des UVA après une exposition, la peau se pigmente (par oxydation de la mélanine). Cette pigmentation immédiate ou IPD (Immediat Pigmentation Darkening) s'atténue et se stabilise dans les deux heures qui suivent l'exposition. On parle alors de pigmentation persistante ou PPD (Persistent Pigmentation Darkening).Pour évaluer la protection contre les UVA, deux méthodes : l'une basée sur la mesure IPD, l'autre sur la mesure PPD. Quelle différence ? La méthode dite "IPD" s'avère rapide et simple à  mettre en place. En revanche, les mesures réalisées avec cette méthode ne répondent pas aux règles de validité scientifique comme la règle de reproductibilité (les résultats obtenus varient d'une expérience à  l'autre), ce qui rend la méthode IPD non fiable.
Des inconvénients que ne présente pas la méthode PPD, bien qu'elle requiert plus de temps et des appareils de mesure très sensibles.Pour des raisons de fiabilité, les laboratoires Vichy ont choisi d'effectuer leurs tests à  partir de la méthode PPD, qui mesure in vivo la réponse biologique de la peau. Cette méthode est retenue comme officielle par la JCIA (Japanese Cosmetic Industry Association).

Autres mesures, autres dénominations...
- Outre des mesures d'efficacité quant à  la protection, les laboratoires Vichy vérifient aussi l'hypoallergénicité, l'hydratation et la résistance à  l'eau des formules. Ce dernier test consiste à  déterminer l'aptitude du produit à  rester à  la surface de la peau et exercer son rôle de protection malgré des baignades répétées.
- Des tests sous contrôle dermatologique et sur peaux sensibles sont effectués pour tous les produits.
- Les formules enfants sont de plus, testés sous contrôle pédiatrique et leur résistance au sable est vérifiée.
- L'accord Colipa répertorie plusieurs niveaux de protection contre les UVA, le plus haut correspondant à  la dénomination "Protection UVA Haute". Il garantit un rapport SPF(IP)/PPD(UVA) L3, quel que soit l'indice SPF.

LE SAVIEZ VOUS ?

FILTRE SOLAIRE: Sur le plan légal, les filtres solaires sont enregistrés c'est-à -dire que leur dossier d'efficacité et leur sécurité d'emploi ont été approuvés par les autorités.

04. Les 14 bons reflexes au soleil

Les produits solaires s'opposent à  la pénétration des rayons du soleil dans la peau. Ils permettent ainsi d'éviter les dégâts liés à  l'exposition, que ces derniers apparaissent à  court terme comme les coups de soleil (dus aux UVB) ou à  long terme comme le photovieillissement cutané (provoqué par les UVA).

Il importe d'informer les adultes sur les risques du soleil et d'éduquer les enfants en ce sens, afin qu'ils préservent leur "capital soleil".

Règle n°1

Evitez toute exposition entre 12 et 16 heures.

Règle n°2

Ne prolongez pas l'exposition sous prétexte d'indices élevés. Ces derniers (> 40) protègent les personnes sujettes aux photodermatoses ainsi que les peaux claires et très claires (phototypes 1 et 2), mais ne vous permettent en aucun cas de vous exposer plus longtemps.

Règle n°3

Munissez vous de lunettes de soleil et prévoyez des vêtements pour vous couvrir en cas de besoin : chapeau, t-shirt, pantalon...

Règle n°4

Hydratez-vous : buvez régulièrement et suffisamment, faites boire vos enfants.

Règle n°5

Méfiez-vous :
- de l'ombre du parasol, qui ne protège pas de la réverbération,
- des nuages, qui peuvent laisser passer 80 % des UV.

Règle n°6

Ne conservez pas un produit solaire plus d'une saison. Transporté dans des lieux surchauffés, il s'altère facilement une fois ouvert.

Règle n°7

Utilisez le bon indice de protection et choisissez-le en fonction de :
- votre phototype,
- la sensibilité de votre peau au soleil,
- le lieu et le moment de l'exposition

Repère
Plus un phototype est clair ou une peau sensible, plus l'indice de protection doit être élevé.

Règle n°8

Lors d'une exposition au soleil, utilisez un produit solaire qui vous protège à  la fois des UVA et des UVB.

Règle n°9

Vérifiez que votre produit solaire :
- couvre un large spectre de radiation solaire (plusieurs filtres spécifiques anti-UVB, anti-UVA courts et anti-UVA longs) ;
- bénéficie d'une protection équilibrée atténuant uniformément l'ensemble des UV (ratio UVB-UVA tel que SPF(IP)/PPD(UVA) 3) ;
- possède une haute couvrance (une répartition optimale des forces du produit qui lui évite de craqueler quand il sèche et de laisser des failles au niveau desquelles la peau n'est pas protégée) ;
- est photostable (résiste à  la lumière et donc ne se dégrade pas facilement lors de l'exposition).

Règle n°10

Appliquez le produit solaire avant même d'avoir mis le nez dehors afin d'être protégé lors de vos déplacements. Insistez sur les cuisses, le dessus des pieds, les mollets, le pli des genoux, la nuque, le nez et l'arrière des oreilles.

Règle n°11

Utilisez une quantité de produit suffisante.

Règle n°12

Rebouchez correctement les produits et placez-les à  l'ombre.

Règle n°13

N'oubliez pas de renouveler l'application du soin solaire, et ce toutes les deux heures. Notamment après le bain et même si vous utilisez un produit résistant à  l'eau.

Règle n°14

Ne vous exposez pas :
- après avoir appliqué sur votre peau un produit parfumé (le parfum contenu dans celui-ci pourrait provoquer une allergie),
- après avoir absorbé un médicament photosensibilisant (en cas de doute, demandez conseil à  votre médecin ou pharmacien).


Par Olivia Sappey, Responsable scientifique chez VICHY